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Vous trouverez deux articles sur cette page, publiés dans les Newsletters du club TELI. Ils ne sont pas vraiment récents, mais puisque je suis de nouveau au Québec... ça peut être considéré comme d'actualité, ou presque !
Bénévolat dans les grands espaces canadiens. (Newsletter de décembre 2001)
Depuis des années, je suis contaminée par un virus implacable et inguérissable, mais heureusement très viable : le virus des voyages. Merci à mes parents pour cet héritage, semble-t-il génétique puisque toute la famille en est atteinte, à divers degrés de gravité !
Donc je voyage beaucoup, j’ai « la bougeotte » comme on dit. Après plusieurs périples en famille (USA, Italie, Égypte ou Kenya entre autres), j’ai décidé de partir seule, avec mon sac à dos pour unique compagnon (au moins au départ des périples !). J’avais 20 ans, beaucoup d’enthousiasme (ça, je l’ai toujours) et un peu de sous en poche. Ainsi, au fil des années, pendant les vacances universitaires ou entre 2 boulots plus ou moins intéressants dont j’ai pris la fâcheuse habitude de démissionner, j’ai découvert l’Islande… et les championnats du monde de handball 1995 qui ont vu le sacre des Tricolores (cocorico !), l’Écosse, ses Highlands envoûtants et ses habitants chaleureux, l’île de La Réunion…toujours en compagnie du hand français, et croyez-moi on ne les appelait pas les « Barjots » pour rien ! Au programme également, Atlanta lors des J.O. de 1996, mais aussi l’Australie en 2000 dont j’ai raconté la traversée dans une précédente Newsletter TELI. Car c’est à la suite de ce voyage que j’ai découvert le site du club auquel j’ai immédiatement adhéré. Bref, je suis devenue l’une des vôtres.
Enfin un club de « Voyageurs Anonymes » avec pleins de trucs et d’astuces, non pour s’arrêter mais au contraire pour plonger totalement dans ses rêves et obsessions !
En plus d’avoir rencontré des gens très chouettes grâce au club (Julien, Luc, Raph et Stéphanie pour ne citer qu’eux), j’ai mis la main cet été sur une annonce proposant du bénévolat au Canada au sein de l’agence de guide faunique en éco-tourisme d’aventures Alain Landry. Quelques e-mails plus tard, mon sac sur le dos et ma démission sur le bureau de mon patron, je m’envolais vers Québec. C’était début septembre 2001.
Après pas mal d’heures de vol, une nuit à Québec, suivie de 3 heures de trajet supplémentaires, en bus cette fois, direction le Nord en traversant la splendide réserve faunique des Laurentides, je suis arrivée, un peu fatiguée mais ravie, à Chicoutimi, ville universitaire à quelques 200 ou 250 kilomètres de Québec. Là, une amie d’Alain Landry m’a récupérée pour me conduire à Sainte-Rose-du-Nord chez mon futur hôte. Ouf ! C’était long, mais ça valait le coup je vous l’assure !
Sainte-Rose est paraît-il le plus beau village du Québec (non, ce ne sont pas ses habitants qui l’affirment !). Un petit bled de 400 âmes environ, niché au pied des montagnes au bord du fleuve Saguenay, qui ici est en fait un fjord époustouflant. Autant dire que je ne conseille pas cet endroit aux indécrottables citadins, adeptes du bitume et de la pollution. Maisons de bois colorées, gens d’une gentillesse exceptionnelle, paysage impressionnant (ah, les couchers de soleil sur le fjord !)… ça s’annonçait bien !
Mon hôte, Alain Landry, qui n’est pas un autochtone puisque originaire de Montréal, est un vrai personnage, qui compose à lui seul l’agence du même nom : cheveux longs et barbe grise, un peu négligé, généreux, très bon cuisinier (il faisait la cuisine, moi la vaisselle ! et je peux vous affirmer que les spécialités québécoises sont succulentes : tarte au sucre, tourtière, fèves au lard…), mais aussi intarissable bavard avec une certaine tendance à l’exagération (un peu comme nos sympathiques provençaux), écolo dans l’âme… bref, quelqu’un de particulier, très « pittoresque ». Pour nous tenir compagnie, Cassiopée la jolie minette tricolore et ses deux rejetons intenables, Alphonse III le roux et P’tite Laine la coquine. Le tout dans une maison de bois retapée et bricolée, avec photos de grands espaces et raquettes aux murs, livres de trappe et de nature sur les étagères… et un bureau qui fait office de station Internet ouverte aux touristes. Voilà pour le décor.
Ajoutez à cela l’automne canadien, les érables sur les flancs des montagnes qui prennent des couleurs de feu, du jaune au rouge en passant par l’orange, les bélugas qui remontent joyeusement le fjord, l’ours noir qui descend à la lisière de la forêt et des prés environnants le soir tombant, et vous aurez une petite idée du tableau.
Côté travail, septembre n’est pas vraiment le mois le plus chargé de l’année. Il fallait accueillir les touristes, la plupart du temps jeunes, tenir la station Internet… et accompagner mon guide et ses clients sur les circuits pédestres ! J’ai donc bien profité de la région proche (car nous n’avions pas de voiture)… et par la même occasion je me suis bien musclé les cuisses et les mollets, avis aux amateurs ! Bonnes chaussures de marche vivement conseillées…
Bref ce fut un séjour sympathique, notamment grâce à l’accueil des « locaux » : soirée au feu de camp en l’honneur de la « petite française » et discussions parfois très drôles. Saviez-vous qu’en québécois une blonde est une petite amie, un char une voiture, être chaud(e) signifie simplement être un peu saoul(e), bonjour se dit aussi pour dire au revoir (croyez-moi on ne s’y fait jamais !), et les gosses sont les couilles (eh oui, alors attention les mecs quand vous parlez de vos gosses !), etc… ?
Puis j’ai quitté cet endroit enchanteur pour me rendre à Tadoussac, village de 900 âmes situé à l’extrémité du fjord, à l’embouchure du St-Laurent. Principale attraction : les baleines dans la baie ! Rorquals, bélugas, et autres phoques (je sais, ce n’est pas une baleine)… Mais aussi et surtout, à ne pas manquer, l’auberge de jeunesse, lieu incontournable et unique, de par son ambiance plus que chaleureuse, ses bénévoles sympathiques qui viennent des 4 coins du monde, ses soirées inoubliables, que ce soit en compagnie d’un chansonnier québécois ou autour d’un feu de camp improvisé… Je ne devais rester qu’une nuit, mais j’y ai pris pension ! Et je m’y suis fait des amis. J’ai tellement aimé que j’y retourne d’ailleurs cet hiver pour les vacances des fêtes de fin d’année, pour y travailler en tant que bénévole nourrie/logée… et voir à quoi ressemble le Québec sous la neige, par –20° ou –30°, voire même –40° ! Brrrrh, il va falloir faire un tour dans les rayons « doudounes » des magasins avant de partir…
En résumé, j’ai eu un véritable coup de cœur pour ce pays éminemment sympathique et d’une beauté encore sauvage. En tout cas, si vous allez là-bas, dîtes bien le Québec et non le Canada, ils y tiennent beaucoup !
Je n’oublie pas pour autant l’Australie et son désert rouge dont je suis éperdument amoureuse. Je patiente seulement en attendant de pouvoir repartir là-bas, à l’autre bout du monde, dans ce « down under country » aux multiples facettes… départ prévu pour février 2002 si tout va bien !
Alors n’hésitez pas, réalisez vos rêves, tout est toujours possible avec un peu de débrouillardise, de volonté, et quelques bonnes adresses (merci le club TELI !).
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Fêtes de fin d’année au Québec : Tadoussac – Montréal
Bien qu’ayant déjà témoigné récemment sur une expérience de bénévolat à Ste-Rose-du-Nord au Québec (Newsletter de décembre 2001), je vous écris à nouveau, cette fois pour le numéro spécial Québec de février. Décidément !
En effet, comme prévu je suis retournée à Tadoussac, ce petit village de 900 âmes situé à l’intersection du fjord Saguenay et du St-Laurent au Nord / Est de Québec, cette fois en tant que bénévole à l’auberge de jeunesse. C’est-à-dire que j’étais nourrie et logée contre une participation active à la vie de l’auberge : cuisine, entretien, animations…
Le voyage pour m’y rendre fut calamiteux ! Pas un seul vol direct, un monde fou dans les aéroports…et bien sûr quelques aléas originaux : grève des bagagistes à Roissy – CDG (vive la France !) et donc retards monstrueux, puis course à Toronto pour attraper ma correspondance dont la porte d’embarquement n’était d’ailleurs mentionnée nulle part dans l’aérogare ( !), pour finir en beauté sur une alerte à la bombe à l’arrivée à Montréal, ce qui a entraîné près de 3 heures d’attente pour récupérer les bagages, finalement débarqués sur le trottoir devant l’aéroport avec ceux des autres vols… folklorique, je peux vous le dire !
J’ai passé une nuit à Montréal, toute illuminée par les décorations de Noël (il faut dire que l’électricité ne coûte presque rien là-bas) à l’Auberge de l’hôtel de Paris (901 rue Sherbrooke Est, pas loin de la gare routière de Berri : 19 $ canadiens la nuit, très convenable) et je suis partie en bus le lendemain à l’aube vers Québec puis Tadoussac. Comptez environ 7 heures de trajet, mais le paysage est très joli. Ouf !
J’ai alors replongé avec grand plaisir dans l’ambiance unique de l’auberge de Tadoussac, connu pour ses baleines en été mais déserté par les touristes avec la neige et le froid (jusqu’à –40°) de l’hiver. Ce qui est étonnant là-bas, c’est de se retrouver immédiatement enveloppé par une atmosphère chaleureuse, presque familiale, au point de se dire que l’on n’est jamais parti !
Il faisait « doux » pour la saison, aux alentours de –10 ou –15° avec un vent glacial. J’y ai passé des jours et des nuits mémorables, car toutes sortes d’activités étaient organisées en cette période de fêtes. En vrac :
- décoration de l’auberge, avec sapins, guirlandes lumineuses et autres boules…
- balade aux flambeaux jusqu’à la plage sous la neige le soir de Noël avec crèche vivante (j’avais le rôle de l’âne, interdiction absolue de rigoler !) dans une grotte des bois environnants, avec bien sûr vin chaud, feu de camp et « messe » très particulière (ponctuée de « Yeah man »).
- inauguration de la patinoire improvisée derrière l’auberge au milieu de la nuit, avec match de hockey – bottines = hockey sur glace mais sans patins, et croyez-moi ça n’a rien d’évident, surtout face à des québécois entraînés à cet exercice périlleux ! Mes genoux s’en souviennent encore… mais je me suis découvert un talent caché, au prix de quelques bleus et autres bosses ! Une bonne tasse de grog local au genièvre, la « ponce », et c’est reparti pour finir la nuit en musique au bar de l’auberge.
- soirée traditionnelle d’échange de cadeaux le 25/12. Normalement, ce sont les présents dont on veut se débarrasser que l’on redistribue ( !), mais là on a fait avec ce que l’on avait sous la main. Ca allait de la paire de chaussettes au mignon pendentif « queue de baleine » en pierre de savon, en passant par la bouteille de bière ou les préservatifs avec boîte de FRISK à la menthe (ça, c’était moi !)… chacun a fait un petit paquet. Puis nous avons élu le Père et la Mère Noël, qui bénéficient d’une gratuité à vie à l’auberge (d’aucuns disent plutôt qu’ils ont gagné le droit d’être bénévole à vie ! !). Pour cela, il fallait effectuer un petit numéro en musique et en ombre chinoise derrière un drap pour se départager. Entre strip-tease hyper sexy, humour décalé et tableaux insolites, nous avons tous été très inspirés ! Après les votes, les heureux élus pigent (= piochent) des noms et chacun à son tour se choisit un paquet ou « vole » (ce que j’ai fait !) un cadeau déjà distribué. Tout cela finit bien sûr dans les rires, avec une bonne pinte de bière et de la musique…
- pour récupérer un peu, quelques soirées plus calmes se sont succédées. Comme la soirée des femmes, avec boissons et billard à volonté (occupation hivernale importante des québécois le soir), ou comme les « jam sessions » avec des jeunes musiciens talentueux. C’est en fait l’équivalent d’un « bœuf » français : les artistes du public sont invités à participer. Saxo, guitares, harmonica… dans tous les styles d’impro, même rasta ! !
- sans oublier les matchs acharnés de hockey – bottines à tout moment et les randos pédestres dans la neige en journée sur les collines de l’Anse-à-l’eau, l’Anse-à-la-barque ou les Dunes, au cours desquelles nos efforts étaient récompensés par la chaleur d’un feu à même la neige (il vaut mieux avoir une bonne technique !), accompagné de thé brûlant et de marshmallows grillés et fondants. Délicieux !
- balade aux flambeaux la nuit de la pleine lune sur un lac gelé, étendue blanche immaculée entourée de collines, baignée par la lumière de l’astre nocturne, pour atteindre un recoin protégé du vent cinglant, où l’on a allumé un grand feu autour duquel on s’est réchauffé, aidé par de la « ponce » et des marshmallows. Le décor était irréel, des arbres morts s’élançaient vers le ciel et semblaient implorer la lune qui se détachait, ronde et blafarde, de la voûte céleste sombre et froide. Retour à l’auberge la tête dans les étoiles pour une « jam session » dynamique.
- Nouvel an des « cousins » le 31/12 à 18 heures. Donc des français. Effectivement, avec le décalage horaire… pour célébrer dignement cet événement, tournée de pastis et tournoi de pétanque. Alors bien sûr les boules étaient constituées de neige gelée et teintée et le terrain était quelque peu inégal, mais c’était l’fun ! L’honneur est sauf, mon équipe de français a gagné ! Puis nous avons eu droit à un succulent repas amérindien, concocté par les parents de Richard / Menutan, mon ami artiste peintre d’une gentillesse exceptionnelle. Au menu, caribou, phoque et castor… c’était délicieux, même si on a mangé sur le pouce dans la cuisine entre 2 services (il y avait plus de 130 couverts ce soir-là !).
Plusieurs groupes se sont ensuite succédés sur la scène : chansonnier, groupe traditionnel, chanteur africain, et une « jam » pour finir. Jusqu’à l’aube et les derniers vivants…
Un breton de passage nous a alors préparé un p’tit-déj sympa, composé de crêpes bien entendu !
Bref, voilà qui vous donne une idée de la place. Pas mal, non ?
Toute bonne chose ayant une fin, j’ai donc quitté Tadoussac, plus tôt que prévu, pour rejoindre mon chum (= mon copain, prononcez tcheum) rencontré 10 jours auparavant à l’auberge… J’ai profité d’un « lift », un couple qui rentrait sur Toronto, pour me faire déposer au passage. Mais c’est une autre histoire…
Sachez juste que Montréal est une ville cosmopolite, moitié anglophone, moitié francophone, avec plein de choses sympas à voir et surtout à faire : patins à glace, ski de fond dans les nombreux parcs de la ville, balades, magasinage (= shopping), restaurants… Peut-être moins belle que Québec, je pense qu’elle est plus vivante.
Pour clôturer mon récit, je voudrais juste préciser que je travaillais durant mon séjour, car ce n’est peut-être pas évident en me lisant ! ! Lever à 7 heures certains matins pour préparer le p’tit-déj, vérifier que rien ne manque, puis nettoyer et ranger la cuisine, faire le ménage dans le hall, préparer le dîner pour tous ceux qui choisissaient de manger à l’auberge, donc aussi vaisselle et rangement (mais heureusement, un des clients était cuisinier, et il s’est fait un plaisir de financer son séjour en exerçant son métier !)… bref, il faut quand même participer sérieusement. Mais ça en vaut la peine !
Alors si la nature et les paysages grandioses vous attirent, si l’isolement ne vous fait pas peur (1er cinéma à 100 kms ), mais si vous voulez vous déconnecter complètement de votre quotidien et vivre une expérience forte, faite de rencontres et de joie, passez dons voir Dédé, Coco, Thérèse, Alain « ing », Nathalie et les autres à Tadoussac !
Vous ne serez sûrement pas déçus… Voici leur email : ajt@fjord-best.com
À vous de jouer ! Peut-être s’y croisera-t-on un des ces jours. Car si je suis sûre d’une chose, c’est que j’y retournerai ! Après l’Australie qui est de nouveau au programme de cette année 2002 (départ fin février).
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