Fait partie du recueil « Histoires chaudes pour nuits froides », éditions Quebecor 2009 (cliquez pour achat)
#24 (hiver 2004) de la revue franco-ontarienne Virages
Revue française L'Encrier Renversé - été 2004
NB : Illustration de fond Julie Turconi 2008

 

Il était une fois deux personnages hors du commun, qui se distinguaient de leurs semblables de bien des manières. Elle les appelait Castor et Pollux, allez savoir pourquoi ! Ils étaient comme deux enfants d'une même fratrie, à jamais unis et pourtant éternellement séparés. Ils étaient siens, mais ils avaient aussi leur vie propre. Presque indépendante… à un petit détail près : ils étaient ses seins. A Elle, rien qu'à Elle. 
Et c'était justement là le cœur du problème, le cœur de leur problème. Eux aurait bien voulu se partager avec d'autres. Sentir la caresse d'autres mains, d'autres langues… cela faisait bien trop longtemps à leur goût qu'ils se sentaient délaissés !
Mais comment faire pour rencontrer des hommes et leur insuffler du désir lorsque l'on est un sein ? Question épineuse s'il en est vous en conviendrez aisément…

Alors un jour, après moult conciliabules et réflexions, ils décidèrent de passer à l'offensive. Après tout ne dit-on pas « aux grands maux les grands remèdes » ? Ils allaient employer les grands moyens, sortir l'artillerie lourde. Et tant pis pour Elle ! Ils se disaient qu'Elle y prendrait bien du plaisir aussi… Elle était femme et n'avait rien de frigide. Mais depuis que le grand bipède costaud prénommé Daniel était parti, comme ça, un matin sans même prévenir, emmenant ses mains si belles et si douées, Elle semblait totalement détachée des choses du sexe. Castor et Pollux se fichaient bien de Daniel - lui ou un autre, pour ce qu'ils en faisaient - dans le fond, tout ce qu'ils souhaitaient étaient de sentir la caresse charnelle d'une main, le contact humide et si affriolant d'une langue, d'une bouche aux lèvres charnelles… Mmmmmmmm !! Rien que d'y penser… la pointe de leurs tétons se durcissait, leur chair se gonflait.
Il était plus que temps de faire quelque chose, avant de dépérir et se flétrir. C'était une urgence !

[...]

Montréal,
19 janvier 2003

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