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Fait partie du recueil « Histoires chaudes pour nuits froides », éditions Quebecor 2009 (cliquez pour achat)
La Belle Endormie était allongée, lascivement, sur sa couche, au milieu de son château endormi lui aussi. Cela faisait des années, peut-être même des siècles, que toute vie avait fui ce lieu maudit. Maudit par une sorcière jalouse et aigrie, dont le peu de beauté s'était envolée bien longtemps avant que la Belle Endormie ne naisse. Une sorcière frustrée de ne plus plaire malgré tous les artifices dont elle était capable, une sorcière en manque d'amour et de la chair fraîche, tendre et ferme à la fois, des jeunes princes de ce monde. Elle avait donc condamné la demeure de cette jeune insouciante, belle en diable, qui faisait fantasmer tous les hommes du pays, pauvres et riches. Depuis ce jour funeste, aucun brave chevalier, aucun prince n'avait jusqu'alors réussi à pénétrer dans le château. [...] Il grimpa quatre à quatre l'escalier du donjon, puisque c'est traditionnellement dans cette tour que les princesses sont retenues prisonnières, et surgit dans la petite pièce ronde où la Belle Endormie reposait. La vue de la jeune fille lui coupa le souffle. Il resta là, à la contempler, pendant quelques minutes. Puisque elle était une Princesse, et pas n'importe laquelle, sa beauté était parfaite, son visage doux, ses lèvres pleines, sa taille mince, ses seins fermes, et ses longs cheveux blonds lui tombaient jusqu'aux fesses. Tout en elle appelait le péché. [...] Montréal, |
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