Fait partie du recueil « Histoires chaudes pour nuits froides », éditions Quebecor 2009 (cliquez pour achat)
Illustration de fond Julie Turconi 2008

 

La Belle Endormie était allongée, lascivement, sur sa couche, au milieu de son château endormi lui aussi. Cela faisait des années, peut-être même des siècles, que toute vie avait fui ce lieu maudit. Maudit par une sorcière jalouse et aigrie, dont le peu de beauté s'était envolée bien longtemps avant que la Belle Endormie ne naisse. Une sorcière frustrée de ne plus plaire malgré tous les artifices dont elle était capable, une sorcière en manque d'amour et de la chair fraîche, tendre et ferme à la fois, des jeunes princes de ce monde. Elle avait donc condamné la demeure de cette jeune insouciante, belle en diable, qui faisait fantasmer tous les hommes du pays, pauvres et riches. Depuis ce jour funeste, aucun brave chevalier, aucun prince n'avait jusqu'alors réussi à pénétrer dans le château. 

Mais un jour un jeune homme, prince de son état, eut vent de cette histoire et décida de venir se rendre compte par lui-même de la véracité de cette légende. Il arriva ainsi au château, et grâce à son courage exceptionnel, parvint à braver tous les maléfices que la sorcière avait laissés pour garder le sommeil de la Belle Endormie. Peut-être parce qu'il était non seulement hardi mais aussi beau et fort bien fait de sa personne. Qui sait, peut-être avait-il séduit l'âme de la sorcière qui traînait encore dans le coin par son charme ravageur ?

[...]

Il grimpa quatre à quatre l'escalier du donjon, puisque c'est traditionnellement dans cette tour que les princesses sont retenues prisonnières, et surgit dans la petite pièce ronde où la Belle Endormie reposait. La vue de la jeune fille lui coupa le souffle. Il resta là, à la contempler, pendant quelques minutes. Puisque elle était une Princesse, et pas n'importe laquelle, sa beauté était parfaite, son visage doux, ses lèvres pleines, sa taille mince, ses seins fermes, et ses longs cheveux blonds lui tombaient jusqu'aux fesses. Tout en elle appelait le péché. 

Il s'approcha doucement, passa sa main sur l'ovale de son visage, sur ses cheveux soyeux. Il s'agenouilla à ses côtés, défit lentement les boutons de son corsage et saisit ses seins à pleines mains, les prit dans sa bouche, les titilla avec sa langue. Puis sa main gauche fit remonter les jupes de la Belle, dévoilant des jambes galbées (et bien sûr parfaitement épilées). Il caressa alors son sexe à travers le tissu satiné de sa culotte, sentant la chaleur humide du désir montant de la Belle, puis arracha ses sous-vêtements au fil de son épée. Il se redressa, les joues brûlantes, et ôta son pantalon. Son membre royal se dressa fièrement, gorgé de sève et de vie.

[...]

Montréal,
Le 1er avril 2003

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